Accueil Projet UONGOZI WA MAENDELEO

Quelques jours après le démarrage du projet UONGOZI WA MAENDELEO, soit le 04 mars 2015, la République Démocratique du Congo venait de passer de 9 à 26 provinces, à la faveur de la Loi n° 15/004 du 28/02/2015 portant modalités d’installation de nouvelles provinces. Ce changement spectaculaire dans les composantes de la territoriale congolaise n’avait pas épargné l’ancienne province du Katanga (aire d’intervention du Projet), dont les 4 districts à savoir, le Haut-Katanga, le Haut-Lomami, le Lualaba et le Tanganyika, étaient devenues, à la date précitée, des provinces à part entière. L’effectivité et la stabilité des institutions provinciales du grand Katanga, qui étaient considérées comme un atout au départ du montage du Projet, étaient devenues, du coup, des véritables défis à relever pour les nouvelles provinces créées. En effet, l’avènement de nouveaux acteurs étatiques et élus locaux dans ces nouveaux microcosmes politiques et administratifs du pays avait entrainé des mutations profondes, des besoins accrus et des chalenges non négligeables dans le fonctionnement des services techniques déconcentrés et des niveaux de concertation (provincial, territorial et local).

En dépit de cette reconfiguration territoriale, les problématiques de fond à l’origine du Projet UONGOZI WA MAENDELEO étaient restées non résolues. C’est le cas : (i) de la baisse du niveau de satisfaction des citoyens par rapport à la qualité et à la disponibilité des services sociaux de base offerts par l’État et d’autres prestataires économiques et sociaux ; (ii) du caractère incomplet ou non accompli du cadre juridique devant accompagner le processus de décentralisation à la base ; (iii) de l’absence d’organes élus au niveau local ; (iv) du faible engagement des citoyens et des Organisations de la Société civile dans le plaidoyer pour une plus grande participation citoyenne à la gestion des affaires publiques locales ; (v) de l’absence de culture de reddition des comptes dans le chef des décideurs locaux/provinciaux en place et (vi) de l’absence d’une Planification fiable du développement Local. Les politiques publiques souffraient encore de l’opacité dans leur définition et leur implémentation, tandis que l’absence de contrôles structurés et rigoureux dans la chaîne de la dépense publique et dans la gestion des services générateurs de recettes au niveau provincial et local affaiblissait de plus en plus les perspectives de viabilité financière des nouvelles provinces et Entités Territoriales Décentralisées ainsi créées. Quant aux investissements dans les infrastructures socioéconomiques de base, ils demeuraient faibles et les livrables qui en découlaient étaient souvent de qualité assez équivoque pour l’opinion publique locale.

Dans sa pertinence, le Projet UONGOZI WA MAENDELEO s’était donc aligné sur la PERSPECTIVE NATIONALE 25/26 reflétée dans le Document de Stratégies de Croissance et de Réduction de la Pauvreté (DSCRP) qui, à travers son 10ème volet, veut que la République Démocratique du Congo se dote d’institutions stables fondées sur une gestion transparente et décentralisée des pouvoirs et des ressources.

Dans la mesure où les différents espaces et mécanismes de dialogue et de concertation multi acteurs prévus par le Projet UONGOZI WA MAENDELEO devaient être déployés et rendus opérationnels, les citoyens, les OSC et les AL allaient améliorer la qualité de leurs interactions, avec comme conséquences directes le renforcement de l’implication citoyenne dans l’action publique et l’émergence, dans le chef des décideurs provinciaux et locaux, d’une nouvelle culture politique fondée sur une redevabilité et une transparence systématiques.

À l’instar des élections générales qui étaient attendues vers fin 2017 et qui allaient permettre au pays de se doter d’institutions élues à tous les niveaux, les OSC des provinces de Haut-Katanga, Haut-Lomami et Tanganyika devaient accroître, à travers le Projet, leur légitimité auprès des populations qu’elles représentent et dont elles portent les attentes et pouvaient fonctionner au mieux comme trait d’union entre celles-ci et les autorités provinciales et locales élues, en vertu de l’application du principe de subsidiarité.

Par ailleurs, deux communications importantes circonscrivant le nouveau cadre d’action de l’Union Européenne dans sa politique de coopération au développement étaient mises en exergue : (i) la Communication de 2011, qui fondait sa substance sur la nécessité d’accroître l’impact de la politique de développement de l’Union Européenne à travers un programme pour le Changement et (ii) la Communication de 2012 qui s’était focalisée sur le rôle des Organisations de la Société civile dans les relations extérieures de l’Union Européenne. La démocratie et le développement durable fondaient alors l’engagement de l’Europe avec la Société civile dans le domaine des relations extérieures.

En plus, l’on avait constaté que le programme thématique « Acteurs non étatiques et Autorités locales en République Démocratique du Congo (RDC) » était complémentaire au Programme d’appui au renforcement des Organisations de la Société civile de la RDC, tel que défini avec les Autorités nationales dans le cadre du Programme indicatif national du 10ème FED. Un appel à propositions EuropeAid/135-699/ID/ACT/CD avait donc été publié en mars 2014, en vue de renforcer les capacités des organisations faîtières de la Société civile en lien avec les autorités nationales, en matière (1) de dialogue et de concertation, (2) d’analyse – suivi – contrôle – plaidoyer dans le cadre des politiques publiques et (3) d’information et de communication. Parmi les autres bailleurs qui avaient soutenu des actions de la Société civile de la RDC, il y a lieu de citer : les missions de coopération des États membres de l’UE comme le Royaume de Belgique, ou autres comme le DFID, à travers le fonds de la Société civile, ou la DGD via la ligne d’appui direct aux ONG, mais aussi des subventions des missions diplomatiques et des agences du système des Nations Unies.

Enfin, il est important de signaler qu’au niveau du contexte d’intervention, certaines hypothèses concernant les risques mentionnés dans le Cadre logique de départ s’étaient vérifiées. En effet, durant l’exercice II de mise en œuvre de l’Action, on avait assisté à deux remaniements du Gouvernement congolais. Dans cette dynamique, les dossiers d’accords pris par le projet avec les responsables de la Cellule de l’Initiation à la Nouvelle Citoyenneté (INC), placée, en 2015, sous la tutelle du Ministère de l’Enseignement Primaire et Secondaire (EPS), avaient été transmis aussi au Ministère de la Jeunesse du Gouvernement BADIBANGA en 2016. En mars 2017, un nouvel accord avait été envisagé et une rencontre, organisée avec la Ministre de la Jeunesse, avait eu lieu dans les bureaux de cette dernière. Contre toute attente, l’on avait assisté, peu de temps après, à un autre coup de scène : le gouvernement était démis de ses fonctions en début avril 2017. À la suite de cette démission, un deuxième gouvernement était investi en mai 2017 et, depuis lors, la Cellule de l’INC demeure rattachée au Ministère de Jeunesse, à la faveur d’âpres tractations entre acteurs politiques.